Exploiter les moyennes mobiles dans votre trading

Bienvenue,

Dans le 1er article nous avons vu ensemble l’importance du choix de la période et le piège de la sur optimisation à éviter . Passons maintenant à la pratique avec ce 2ième article.

Comment exploiter les moyennes mobiles dans votre trading?

La moyenne mobile est un indicateur incontournable en analyse technique. Sa construction est simple et sa lecture aisée. C’est le 1er indicateur que l’on se doit de maîtriser.

C’est l’objectif de cet article.

Dans la 1ere partie nous observerons ensemble les informations que les moyennes mobiles nous transmettent.

Dans la 2ème partie vous apprendrez comment les exploiter dans votre trading quotidien.

A la fin de cet article nous aborderons comment les célèbres traders Stan Weinstein et Daryl Guppy ont développé leur propre méthode de trading à base de moyennes mobiles.

Mon conseil : J’ai écrit un cours complet sur les bases du fonctionnement des moyennes mobiles et les différents types qui existent. Celui-ci est présent dans la section cours du site : Chap.6 les moyennes mobiles (N’hésitez pas à vous y reporter en cas de doute 🙂

Partie 1 Apprendre à observer des moyennes mobiles sur un graphique de prix

1.1.Identifier une tendance directive et sa force à l’aide des moyennes mobiles

Voici un premier graphique de l’action BNP Paribas. Le prix est ici représenté en chandelier japonais en donnée hebdomadaire (1 chandelier = 1 semaine).

Sur ce graphique nous avons une seule moyenne mobile. Elle nous fournit une quantité d’informations que l’on ne soupçonnerait pas.

Observons le comportement de la moyenne, mettons de côté le prix pour le moment.

  • Observez la pente de cette moyenne mobile : Elle est haussière puis neutre et enfin baissière.
  • L’angle de cette pente : douce ou alors très raide.

Cette moyenne a une pente qui évolue dans le temps.

Dans le cours sur la tendance en bourse nous parlons de la théorie de Dow.

  • Une tendance haussière est caractérisée par des + bas de plus en plus hauts et des + hauts de plus en plus hauts.
  • Une tendance baissière est caractérisée par des + bas de plus en plus bas et des + hauts de plus en plus bas.

Notre moyenne retranscrit bien les plus hauts et les plus bas du prix en passant par ses 3 phases :

  • Haussière
  • Neutre
  • Baissière
Moyenne m50 simple sur le graphique

Cela nous renseigne sur le sens de la tendance en cours en fonction du nombre de périodes de cette moyenne. C’est très simple et visuel.

Attention : Parler de tendance haussière ou baissière sans préciser l’unité de temps ou alors l’horizon d’étude ne veut strictement rien dire. Une tendance peut être haussière sur une journée mais baissière sur une semaine.

Notre graphique est en unité hebdomadaire donc déjà basé sur une approche moyen terme.

1.2.Différencier les horizons avec plusieurs moyennes mobiles

Sur ce nouveau graphique, toujours de l’action BNP Paribas nous avons maintenant 2 moyennes mobiles d’affichées.

  • La moyenne moyen terme à 50 périodes (M50)
  • La moyenne long terme à 200 périodes (M200)

J’ai différencié leur épaisseur pour que visuellement l’impact du long terme de la m200 soit renforcé.

Différencier les horizons avec les moyennes mobiles en trading

1ere zone :

Notre M50 jusqu’en Novembre 2017 est baissière avec une pente descendante, puis s’aplatit.

La M200 reste haussière avec une pente ascendante mais peu prononcée.

2ième zone :

La M50 se retourne à la hausse fortement avant de nouveau s’aplatir.

Pendant cette période la M200 n’est pas affectée. Avec son nombre de périodes important, les mouvements plus rapides de la M50 restent lissés. Elle continue d’être légèrement haussière.

3ième zone :

Après sa phase plateau la M50 entre en phase fortement baissière.

Cela commence tout de même à affecter la M200, mais comme pour la hausse, la baisse reste peu prononcée.

4ième zone :

 La M50 se reprend à la hausse avec toujours une M200 toujours quasi plate.

Conclusion

Nous pouvons en conclure que la M50 fluctue au fil des mois entre une phase haussière puis baissière, avec une phase plateau intermédiaire plus ou moins longue mais basée sur un horizon moyen terme.

Pour l’horizon long terme les choses sont différentes. Bien que la M50 soit alternativement haussière puis baissière, sur une période de 3 ans elle ne fait que croiser la M200 en se retrouvant successivement dessous puis dessus.

Ce graphique de tendance nous informe donc que suivant l’horizon de prise de position choisi, nous obtenons 2 visions pour le prix.

  • Un prix haussier puis baissier sur le moyen terme
  • Mais un prix neutre sur le long terme

Partie 2 Comment exploiter les moyennes mobiles en analyse technique

Dans la 1ere partie nous avons vu les différents types d’informations que peuvent nous fournir les moyennes mobiles. Vous allez maintenant comprendre comment ces informations peuvent être utiles dans votre trading.

2.1. Anticiper le mouvement du prix

Nos moyennes permettent d’anticiper le mouvement futur du prix. Cela nous sera particulièrement utile pour déterminer par exemple nos niveaux d’interventions.

Attention : j’utilise le mot « anticiper » mais cela ne veut pas dire « deviner ».

Simplement il est judicieux de mettre les probabilités de notre côté en étudiant soigneusement un graphique.

Un actif, que ce soit sur le marché actions, forex ou encore devises se trouve toujours dans une tendance haussière – neutre – baissière.

Prenons le cas d’une tendance baissière en chartisme :

Lorsque le prix arrive au contact d’une résistance (ex d’un canal chartiste baissier), le prix à une probabilité bien plus élevée d’être mis en échec par cette résistance que de casser réellement celle-ci.

Dans la pratique cela peut arriver lors d’un rebond technique. Le prix casse un support, un changement de tendance s’opère sur l’actif, une tendance neutre devient baissière.

La chute du titre s’amplifie jusqu’au moment où la valeur redevient attractive pour une catégorie de spéculateurs court terme. Des achats à bon compte se réalisent.

C’est à ce moment précis qu’il faut être vigilant, cette hausse n’est pas durable puisque la tendance de fond est devenue baissière. Généralement, à la 1ere résistance cette tendance de fond baissière reprendra et le prix poursuivra sa chute.

Reprenons notre graphique avec nos moyennes arithmétiques M50 et M200.

Ces moyennes sont très suivies par toutes les personnes intervenants sur les marchés. Elles provoquent naturellement des réactions sur le prix lorsque celui-ci arrive à leur contact.

Identifier les zones de réaction sur les moyennes mobiles

Cette zone de réaction agit comme une zone de résistance dynamique si le prix était initialement dessous et revient ensuite au contact de la moyenne mobile. (Rebond technique par exemple)

A l’inverse si cette zone est positionnée dessous, celle-ci fonctionnera alors en tant que zone de support.

2.1.1. Explication en détail

N’oubliez pas, nous sommes sur une approche moyen terme de la tendance dans le cadre de cet article.

Sur notre graphique de BNP PARIBAS j’ai zoomé sur la période de baisse de Janvier 2018 à Janvier 2020.

Observons en détail le prix réagir sur nos 2 moyennes mobiles.

Anticiper la réaction du prix grâce aux moyennes mobiles

Après une période de latéralisation du prix celui-ci casse à la baisse sa M50. Un 1er rebond technique se met en place mais vient également rapidement se heurter à cette même M50 devenue maintenant une résistance pour le prix. Dans ce cas précis le prix a réalisé ce que l’on appelle un pull-back, l’échec du prix confirme maintenant cette cassure.

Dès lors le prix amplifie sa chute et casse à son tour la M200. Un rebond se met ici aussi en place et se trouve également en échec.

La cassure de la M50 nous lançait le signal comme quoi la tendance moyen terme était baissière, la M200 nous indique que le mouvement est plus profond. Une nouvelle séquence de baisse s’enclenche.

Lorsqu’un 3ième rebond technique s’enclenche de nouveau, le prix est alors sous sa M200 avec une M50 fortement baissière. La probabilité d’un énième échec est alors hautement probable, le prix ne fait que reprendre la direction de sa tendance de fond.

  • Moyenne baissière = résistance forte
  • Moyenne haussière  = résistance faible

Pour commencer à voir le bout du tunnel, le prix doit se créer un niveau de support solide pour mettre toutes les chances de son côté afin de franchir à la hausse sa M50, et surtout tenir cette hausse. Les mèches hautes sur les chandeliers sont courantes. Un début de changement de tendance peut alors s’opérer.

Une cassure d’une moyenne mobile par le prix est significative dans un marché directionnel.

Cela veut dire que dire que le prix doit être dans une tendance directive : haussière ou baissière.

En revanche pendant une phase de latéralisation cette cassure perd de son efficacité, le prix oscillera autour de ces moyennes sans direction clair.

2.2.Exploiter les croisements de moyennes mobiles

Nous venons d’aborder l’utilisation du prix avec les moyennes mobiles. Dans cette partie abordons maintenant l’utilisation des croisements entre 2 moyennes mobiles.

Pour cela nous allons ajouter une 3ième moyenne, la M20, qui correspond à un horizon court terme sur le graphique.

Petit Rappel : Si vous avez lu le 1er article vous connaissez les différents horizons des moyennes mobiles pour chaque unité de temps :

  • M7 M20 : court terme
  • M50 : moyen terme
  • M100M200 : long terme

Nous avons maintenant 3 moyennes sur notre graphique, analysons-le.

Les croisements de moyennes mobiles en trading

En Septembre 2017 la moyenne à 20 périodes (court terme) croise à la hausse celle à 50 périodes (moyen terme). Ce croisement haussier intervient pile au moment où le prix franchi à la hausse sa M200. Cela valide le signal et le mouvement en cours.

Un croisement baissier se produit lorsque la M20 croise à la baisse la M50 et correspond là aussi à une cassure par le prix de ces 2 moyennes. Ce croisement signe la fin de la phase de latéralisation et une tendance baissière est amorcée jusqu’au prochain croisement haussier.

Avez-vous déjà entendu parler des croisements de moyennes forts ou faibles ?

Pour délivrer toute sa puissance un croisement de moyennes se doit d’être fort.

Cela veut dire que ces 2 moyennes doivent avoir chacune une pente ascendante, comme dans notre exemple. SI une des deux n’est pas orientée correctement vous obtiendrez alors un croisement faible. Ce croisement peut tout à fait fonctionner mais ne sera pas optimal au niveau des probabilités de succès.

2.3.Quel type de moyenne utiliser, arithmétique ou exponentielle ?

Voici un petit paragraphe que j’ai voulu écrire pour vous éclairer sur un point en particulier :

Les croisements de moyennes mobiles sont-ils réellement efficaces ?

Dans le paragraphe précédent nous avons étudié ces croisements avec des moyennes arithmétiques, c’est-à-dire simple sans aucun coefficient.

La moyenne arithmétique est une moyenne simple qui ne comporte aucun coefficient (voir cours), alors que la formule de la moyenne exponentielle applique un coefficient, cela donne plus d’importance au cours récents.

Comparatif moyennes mobiles exponentielle - arithmétique

En mettant cote à cote les 2 graphiques nous voyons clairement que la moyenne exponentielle est plus réactive face au prix, notamment sur le 1er croisement. Le signal pour le croisement baissier est délivré plus tard mais le signal est précis, alors qu’avec les moyennes simples le signal se produit plus tôt mais le prix réalise un pull back avant de réellement chuter.

Conclusion : Utiliser la moyenne exponentielle pour les croisements de moyenne ne donne pas nécessairement un avantage en terme de timing. Sa plus grande réactivité est mieux utilisée en tandem avec le prix lors de cassures. 

Attention, qui dit réactivité accrue de la moyenne dit aussi plus de faux signaux potentiels en contrepartie.

2.4. D’autres utilisations de la moyenne mobile en bourse.

La moyenne mobile est l’indicateur le plus visuel et le plus simple à utiliser en trading. Il n’est pas étonnant donc qu’il soit de loin le plus utilisé. Pour autant il existe une multitude de façons de tirer profit de ces moyennes.

Je vous présente ici 2 traders qui ont intégré et développé l’utilisation des moyennes mobiles pour leurs propres besoins et qui ont bâti une réelle stratégie gagnante avec elles.

Le premier si vous avez parcouru le site vous le connaissez déjà bien, (c’est même lui qui m’a personnellement donné goût à l’analyse technique) c’est Stan Weinstein.

Le deuxième c’est Daryl Guppy que j’ai connu bien plus tard, un trader australien qui utilise un faisceau de moyennes courtes et longues.

2.4.1. Selon Stan Weinstein

Stan Weinstein est un célèbre trader américain. Son approche est basée sur le graphique du prix et la lecture de ce prix sur le « Tape », le fameux ruban qui défile dans les salles de marchés. Son livre « secret pour gagner en bourse » est sorti dans les années 1980 et a depuis été réédité plusieurs fois.

Pour lui, toute l’information qu’un spéculateur doit connaitre se trouve sur le graphique du prix. Ce prix synthétise toutes les informations disponibles à l’instant T sur le marché. Il n’a donc pas besoin de se plonger dans les méandres des bilans d’entreprises puisque le prix du marché intègre déjà tous ces éléments.

Il décompose la vie d’un actif en 4 phases :

  • La phase 1 de fondation
  • La phase 2 d’avancée
  • La phase 3 de sommet
  • La phase 4 de chute

Le prix se trouve obligatoirement dans l’une de ces 4 phases, le tout est d’arriver à reconnaître cette phase.

Pour l’aider dans cette tache il utilise 3 outils :

  • La force relative de Mansfield par rapport à un indice de référence (CAC40 – CACMS…)
  • Une moyenne pondérée à 30 périodes en hebdomadaire.
  • Les volumes
Les 4 phases de Stan Weinstein

Ces 3 outils lui ont permis de bâtir sa stratégie de trading.

La moyenne ici joue un rôle central avec le prix. Il utilise une moyenne pondérée. Elle se rapproche de l’exponentielle mais ici ce sont des coefficients qui sont appliqués dans sa formule et non des pourcentages. Elle possède les mêmes avantages que la moyenne exponentielle : sa réactivité.

Pour connaître tous les détails de sa méthode je vous propose de parcourir cet article, entièrement consacré à sa méthode que j’ai décrypté pour vous.

2.4.1. Selon Daryl Guppy

Daryl Guppy est un trader australien auteur de plusieurs livres sur la bourse et le trading.

Son idée a été d’exploiter la position du prix et sa réaction par rapport aux moyennes mobiles.

Il ne s’est pas contenté d’afficher une moyenne sur son graphique mais il en affiche 12 !

Elles sont réparties en 2 catégories :

          Les moyennes courtes : 3 – 5 – 8 – 10 – 12 – 15

          Les moyennes longues : 30 – 35 – 40 – 45 – 50 – 60

          + une dernière : la m200

Chaque catégorie représente donc un faisceau de moyennes.

Sur un graphique de prix une fois toutes affichées cela donne ça. Un peu chargé j’en conviens. Néanmoins avec un minimum d’explication ce graphique ne sera plus obscur pour vous.

Méthode GAMA avec faisceaux de moyennes mobile

En tendance haussière le faisceau de moyennes courtes est au-dessus du faisceau de moyennes longues. Chaque moyenne est bien ordonnée. Cela signifie que la tendance est haussière. Observez ensuite la position de notre moyenne M200 très longue. Si celle-ci se trouve dessous et est haussière, la tendance de fond est donc haussière.

Quand le faisceau court commence à se rapprocher du faisceau long, on peut identifier un point d’entrée potentiel. En effet, un faux croisement peut se réaliser et la tendance de fond reprendre son cours normal.

Si les 2 faisceaux commencent à se mélanger cela signifie que la tendance s’essouffle.

Le livre est en anglais, j’admets que pour les non anglophones (j’en fais partie, ce n’est pas spécialement évident, mais Google translate sera là en renfort) ce n’est pas forcement évident.

Ce livre est très bien construit et aborde le trading d’une manière plus générale pour préparer le lecteur et son esprit à sa méthode. Je le recommande.

Partie 3.Conclusion

Pour conclure, la moyenne mobile est incontestablement un allié de choix dans votre trading.

Ces 2 articles vous ont expliqués quelles valeurs sélectionner pour que celles-ci donnent tout leur potentiel prédictif.

Apprendre à identifier une tendance et reconnaître sa force vous permettra d’élaborer votre première stratégie avec les bases du money management et l’étude chartiste du prix.

Néanmoins les moyennes mobiles comportent des faiblesses. Elles sont à utiliser lors d’un marché directionnel, en période de range le prix ne fait que les croiser à la hausse puis à la baisse neutralisant ainsi toutes informations pertinentes de leur part.

Personnellement, je préfère utiliser les moyennes mobiles comme outils pour anticiper de futures zones de supports et de résistances. Pour moi les croisements de moyennes sont utiles mais ils demandent une étude chartiste complémentaire et sont à utiliser avec les bandes de Bollinger qui est un indicateur de volatilité.